Ces derniers jours à Sydney ont été les meilleurs passés dans cette ville que nous avons
enfin pu apprécier à sa juste valeur. Grâce à Gavin, notre ami australien qui nous a invité à passer quelques jours dans sa collocation, nous avons enfin pu partager des conversations avec des gens venant de plusieurs pays en anglais.
Nous avons fini par reprendre la route, Sébastien au volant à fond les manettes direction la recherche de travail dans la récolte de fruits.
Selon le guide australien d'agriculture, nous étions dans la bonne période pour faire les vendanges. Nous partons donc sur la route de la Hunter valley la plus ancienne zone viticole du pays, à deux heures de Sydney. À notre arrivée au camping, nous apercevons un groupe de jeunes recouvert de boue et fatigués. Nous les questionnons afin d'avoir des infos sur les vendanges dans le coin. On nous apprend avec surprise que nous arrivons trop tard, c'est la fin des récoltes. Curieux, nous somme le premier février, l'équivalent du 1 août en Europe. Après de nombreuses recherches chez les exploitants, on nous explique que le temps catastrophique pour la saison n'a pas permis aux raisins de produire suffisamment de sucre pour le vin. Nous sommes à moitié étonnés car nous voyageons sous des trombes d'eau depuis des jours.
Bon, qu'allons nous faire? Repartir vers le sud dans la zone agricole d'Australie le Victoria, ou insister un peu plus dans les environs mais pour d'autres fruits moins sensibles à la pluie que le raisin? Pour ne pas perdre courage nous décidons de visiter quelques vignobles pour prendre la température du vin de la région. Nous sommes aussi là pour faire du tourisme, non? allons un peu gouter les crus de l'Hunter Valley.
Ici on se croirait en France ou plutôt, dans la campagne anglaise avec les vignes en plus. Pas de grand dépaysement mais un région pleine de charme comme on les aimes, avec des mas provençaux façons Disneyland, mais aussi des petites cabanes en bois où l'on déguste des vins d'une grande qualité. On repars donc sans travail mais avec une bonne bouteille de vin que l'on entamera le soir même au camping.
Plusieurs détours par d'autres régions viticoles pour entendre le même discourt, nous progresserons donc vers les sud.
Nous arrivons dans la ville d'Orange où l'on récolte des pommes. Oui je sais ça fait sourire tout le monde et ça porte à confusion parfois. «Pardonnez moi, nous cherchons du travail pour récolter les fruit à Orange » « Non, ici il n'y a que des pommes, mais la récolte ne commence pas avant dix jours, pour les oranges c'est dans le nord à Narromine qu'il faut aller ». On voit devant les fermes des panneaux indiquant qu'ils n'ont pas besoin de travailleurs, ce n'est pas très rassurant.
Bref tout ça pour dire qu'arriver à Orange on doit repartir dans le nord.
Toujours sous la pluie, on visite le ravissant petit village de Soffala. C'est la dernière ville de la ruée vers l'or encore en activité. Ce n'est donc pas devenue une ville fantôme comme les autres, car son hôtel est toujours bien vivant ainsi que son pub, seul rescapé des 28 qui régnaient à l'époque.
On se croirait vraiment au farwest, avec les cowboys dans les pubs et les chevaux attelés en attente de leur maitre. Les maisons en bois s'effondrent et les voitures rouillent doucement au rythme de la vie dans cette jolie bourgade de 200 âmes.
Petit parenthèse: dans les supermarchés australien on trouve de la Mega Bite.
Les gens nous regardent bizarrement car on est mort de rire à chaque fois que l'on passe devant le rayon. C'est en fait de la pâtée pour chien en forme de saucisson de 40 cm sous plastique. En petit caractères en bleu on voit écrit « No preservatives » (Sans conservateurs, en anglais).
Nous voilà reparti sur la route et nous traversons des paysages à la fois monotones et dépaysant. Nous voilà enfin dans la vrai Australie celle des plaines immenses et interminables, l'OUT BACK. Ici il n'y a rien mais toute l'Australie est là.
Nous croisons les gros camions chargés de Monster truck, ces voitures surdimensionnées qui ressemblent à des jouets taille XXL.
Slalome entre les kangourous écrasés et nous arrivons dans la ville la plus déprimante du monde, Parkes. Les frères Cohen devraient s'inspirer de ses habitants pour leurs films. On a l'impression que dans chaque fermes se cachent les protagonistes de massacre à la tronçonneuse. Le bled où tu meurs d'ennui en moins de d'1 seconde. Une femme fume sa cigarette nonchalamment derrière sa moustiquaire, les rue sont vides il et 17h00 les boutiques ont mis leurs panneaux CLOSE, personne dans les rues, mais l'église elle recrute toujours.
Nous trouvons un camping où le propriétaire s'obstine à passer la tondeuse sur de la terre rouge sans herbe. Pas de travail ici non plus, ouf! on aurait pas aimé vivre ici plus de deux jours, même si leurs couchés de soleil sont de toute beauté.
Ce qui nous marque partout dans chaque villes que nous traversons c'est la gentillesse des gens, simples sans histoires, souriant toujours prêt à nous aider. Ils ont échangé leurs tronçonneuses pour une vie tranquille, calme et sans problèmes.
Les australiens sont comme ça, pas agressifs pas malhonnêtes pas curieux, ils aiment vivre simplement paisiblement sans se poser trop de questions. Avec cet accent a coupé au couteau qui nous trouble parfois, on reçoit les sourires avec plaisir, même sous une pluie battante et interminable.
8 février
Une semaine que nous nous démenons pour trouver du travail, nous arrivons dans la région de Dubbo, ville de 40000 habitant avec un cinéma, cool!!! Mais pas de travail là non plus. Tout le monde nous dit d'aller faire un tour du coté de Narromine petite ville de 3500 personnes à l'est de Dubbo qui possède de nombreux vergés.
Une fois dans cette ville ou plutôt, dans ce village, le boulot pointe enfin le bout de son nez!!! Ce seront des oranges à récolter et du maïs à castrer.
Sebastien a achete un ipod avec une petite camera mais il se trompe de sens pour filmer, il faut tourner la tete pour y voir, sorry...
Après 15jours de pluie nous attaquons à 5h30 du matin lorsque l'on aperçoit les kangourous bondir dans les champs pour castrer des maïs, sous un soleil de plomb.
. On fait ça 3 jours puis malheureusement on nous transfert aux oranges.
NON!!! des arbres trop grands ou trop petits des fruits énormes qui ne veulent pas se détacher et des branche méchantes, oui très méchantes, certaines avec des épines.
De retours au camping nous rentrons dans la cuisine et apercevons deux asiatiques qui, dès notre arrivée, changent de pièce pour ne pas nous déranger. Nous entamons la conversation et découvrons que ce sont des japonais en vacances. Comment, ça en vacances dans ce bled pommé avec rien à faire, c'est pas possible ils nous mentent. Ils nous expliquent enfin que Narromine est en réalité le nec plus ultra, je dirais même la Mecque des amateurs de planeur. L'aérodrome et juste derrière le camping et nous apercevons parfois ces avions blanc voler au dessus de nos têtes sans bruit. Nous ne le savions pas mais nous venions d'atterrir dans le plus important spot de planeurs sans drogue au monde.
L'un des deux japonais, Tomoshiro, et en fait chef de une grande boite de création de logiciels d'architecture du japon et son ami et lui aussi chef d'entreprise. Ils viennent là durant 5 semaines pour apprendre à planer, puis repartent chez eux.
La première soirée passée en leur compagnie nous a confirmée l'alcoolisme de notre ami Tomoshiro, vu l'allure à laquelle il descendait sa bouteille de Whisky. Il nous propose à boire toutes les 5 minutes et enchaine cul sec tous ses verres.
Le lendemain il nous propose de nous préparer un repas japonnais. Nous sommes ravis de cette invitation mais nous questionnons sur le moyen de trouver dans cette ville des ingrédients du pays du soleil levant. Nous le suivons dans le cagibi et découvrons avec grande surprise qu'il a ramené toute sa nourriture du japon par cartons postaux afin de ne manquer de rien. Soupe miso en sachet, épices, algues à sushi.... Il a même acheté un rice coocker pour être sur de bien préparer son riz.
Le lendemain nous lui préparerons un bœuf stoganoff avec du camembert en dessert.
Un matin alors que nous partions travailler à 5h00 du mat nous apercevons notre ami rentrer discrètement dans la cuisine pour se resservir un verre de whisky.
Ce fut une rencontre agréable et curieuse à la fois.
